
Une saison remplie d’enseignements pour le groupe Espoirs entre matchs en poule haute, apprentissage du haut niveau et progression. Désormais il est temps de dresser le bilan avec Charles-Henri Bronchard, Entraineur de l’équipe Espoirs et Responsable du Centre de Formation.
Charles, fin du parcours en 1/8 de Finale face à Poitiers. Quel est ton regard sur la saison dans sa globalité ?
« Cette saison a été très instructive pour moi. J’en tire de nombreux enseignements, à la fois sur le plan structurel, mental et managérial.
C’était une nouvelle ère pour le centre de formation. C’était la première année où j’ai pris la responsabilité du centre de formation en tant qu’entraîneur. C’était aussi l’arrivée de Jordan Ceaux au poste d’entraîneur U18 National. Un nouveau virage pour le centre de formation, et une première année commune pour nous.
Dans un premier temps, c’était le plan commun entre la direction et moi : que j’accède à ce poste à la suite de l’obtention de mon diplôme, le DESJEPS DEPB, qui me permet d’être responsable du centre de formation et de coacher au niveau professionnel.«
Une première partie de saison satisfaisante et une seconde pour l’apprentissage ?
« Pour les Espoirs, la première partie de saison a été vraiment intéressante avec une très belle performance : six victoires et deux défaites à la fin de la première phase. Nous avons terminé meilleure défense de la poule face à des équipes comme Pau, Poitiers, La Rochelle et Challans. Historiquement, les Espoirs n’avaient jamais fait la poule haute. La qualification en poule haute est donc un premier accomplissement. C’était l’objectif : mettre la barre haute pour un groupe très jeune, composé non pas d’Espoirs en dernière année, mais au contraire de beaucoup de U18. C’était un premier accomplissement très concret qui nous a donné un bel élan.
Ensuite, la deuxième partie de saison a été beaucoup plus compliquée. On savait déjà que le groupe serait beaucoup plus relevé en poule haute avec les meilleurs centres de formation, et cela s’est confirmé. Nous n’avons eu qu’une seule victoire sur toute la deuxième phase. Avec des matchs très disputés, nous avons concédé beaucoup de défaites de moins de 3 points, à domicile comme à l’extérieur. Nous n’étions pas loin, mais nous n’avons jamais réussi à prendre les matchs qui étaient à notre portée. Il nous manquait soit la justesse technique dans les moments clés, soit un manque de cohésion et stabilité émotionnelle.
La première satisfaction, je dirais, est que nous terminons quatrième meilleure défense des Espoirs. Au-delà des chiffres, quand on creuse un peu plus, le defensive rating et la defensive efficiency sont très bons. Cette quatrième place au classement défensif dans une poule haute relevée, prouve que l’ADN défensif qui découle des professionnels est bien présent en place au centre de formation. Au fil du temps et des changements de coachs pros, le centre de formation se doit d’être l’un des poumons du club dans l’identité prônée et les valeurs. C’est une grande fierté pour nous, le staff.
Avec le recul, dans l’axe d’amélioration et dans ce côté plus négatif, l’aspect mental et l’approche dans la construction mentale des jeunes joueurs face à l’enchaînement de défaites dans un groupe très relevé auront été un vrai défi. Cela a demandé un travail quotidien d’accompagnement, pour les pousser mentalement à la résilience, au courage, et pour leur faire comprendre que dans les moments faibles, c’est le mental qui démarque un athlète d’un autre. Il faut aussi être tolérant par rapport à leur approche : ce sont des jeunes en pleine mutation, que ce soit sur le plan hormonal ou psychologique. D’autant plus que nous avions fait le choix d’avoir un groupe très jeune, par vision. C’était un travail quotidien, très épuisant, mais passionnant justement parce que nous étions dans la difficulté. Je pense que nous récolterons les fruits et que nous tirerons les enseignements de cette saison dans un futur proche.«
Quel a été le mot d’ordre durant toute cette seconde phase, en poule haute pour la première fois de l’histoire du club ?
« Le mot d’ordre pour l’année a été bien sûr le respect de nos valeurs, que nous avons mises en place ensemble. Chaque coach a évidemment des valeurs qu’il essaie de faire transpirer au quotidien, mais on ne peut pas les imposer à un groupe, surtout avec des jeunes joueurs. On doit les mettre en avant, certes, mais c’est aussi au groupe, de définir et de choisir les valeurs, de s’y attacher et de les assumer au quotidien.
Bien sûr, il y a les valeurs du club sur lesquelles nous sommes très intransigeants : ce sont les intangibles pour nous. C’est le respect, le courage, le travail, l’abnégation. Ça a été un peu le mot d’ordre, avec beaucoup d’exigence envers eux. J’ai bien sûr enterré le joueur de haut niveau que j’ai été, mais il y a toujours cette approche du haut niveau et cette projection pour eux. Et bien sûr, en tant que coach et manager d’une équipe, c’est aussi être un des étendards des valeurs du club. Il y a donc eu beaucoup d’attentes avec eux, ce qui n’est pas toujours facile à accepter pour les jeunes. Mais cela fait partie de la formation et nous sommes intransigeants sur ce point.«
Le club met en avant la passerelle entre les U18 et U21 avec plusieurs exemples cette saison ?
« L’importance de la passerelle, je l’ai dit auparavant : nous avons malheureusement eu la blessure de notre capitaine Noah Georges très tôt dans la saison, ce qui nous a privés d’un vrai relais. Il apportait de l’expérience, une grande approche intellectuelle et stratégique du jeu, et faisait le lien entre les joueurs et le coaching staff. J’ai décidé de ne pas le remplacer par un joueur Espoirs, mais au contraire d’ouvrir encore plus les vannes de la passerelle U18. Il y a eu des garçons comme Augustin Houtteville-Peillon qui n’ont pas fait leur dernière année U18 et qui sont passés directement Espoirs. Nous avons eu des joueurs comme Dorian Alarcon, Mathias Szanyiel, Evan Bourgeois, Stephane Bollecker né en 2010 Alexis Imberdis, Maxime Auclair qui ont pleinement fait partie de l’équipe Espoirs et qui ont été très courageux. Ils ont rencontré des difficultés comme tous, mais ont apporté des choses très positives aussi et c’est à souligner.
Cela a bien conforté mon idée : cette année, je suis coach Espoirs et je suis formateur. Si j’avais vraiment envie de faire jouer uniquement des Espoirs en dernière année, j’arrêterais la formation et j’irais coacher en National. Mais ce n’est pas le cas. Mon poste ici est responsable de centre de formation.
C’était donc vraiment un point d’orgue pour moi d’ouvrir la passerelle et de la consolider. C’est aussi une chose importante pour nous de consolider la passerelle entre la JAV amateur et la JAV pro. Il y a beaucoup de joueurs de l’équipe région U18 qui ont joué avec les U18 Élite. Et dans un futur proche, nous espérons bien sûr consolider cette passerelle qui est très importante pour nous, dans la vision et dans la structure. »
Au-delà du basket, quel est ton regard sur l’évolution humaine et scolaire des pensionnaires ?
« Sur l’évolution humaine, je dirais qu’il faut prendre un peu de recul pour faire le bilan de la saison. Il y a eu beaucoup de jours pénibles où il fallait reprendre les gamins, qu’ils soient fatigués, qu’il y ait de mauvais résultats scolaires ou sportifs, ou de mauvais comportements. Mais ça fait partie de la formation et c’est acquis pour nous. Nous restons avant tout des éducateurs avant d’être entraîneurs. On arrive dans une époque où, sans faire le discours du « vieux con », c’est une génération quand même assez difficile dans l’approche et dans la communication. C’est un combat de tous les jours, mais pour moi c’est passionnant. C’est vraiment une partie sur laquelle j’aime insister et une partie motivante pour moi, qui me permet de rester très alerte dans mon métier au quotidien.
L’évolution sportive, je dirais que c’est bien sûr l’apport, comme je l’ai dit tout à l’heure, des U18 qui a été un vrai choix de ma part : les intégrer complètement au groupe malgré le fait que nous soyons en poule haute. Je citerai bien sûr les rentrées en jeu de Kylan Castaings Otto et de Luka Salaneuve dans le groupe professionnel. Ce sont des joueurs que j’ai coachés en U18, que j’ai vu mûrir, grandir. Les voir jouer en ÉLITE 2 a été une très grande joie, une très grande fierté et bien sûr une forme de consécration après des années et des sacrifices de travail avec eux. Ce n’est pas facile tous les jours pour des Espoirs qui s’entraînent avec les pros d’avoir le recul nécessaire pour comprendre la difficulté de s’imposer à ce niveau. J’ai donc été aussi un accompagnant, et parfois une épaule et une oreille pour eux, pour les aider à évacuer leurs frustrations.
La saison prochaine, bien sûr, nous allons tirer les enseignements de ce qui a marché et de ce qui a moins fonctionné. Concernant les axes d’amélioration du centre de formation. Nous sommes en pleine restructuration du centre, justement avec le Président et Pierre Gelin, directeur du centre de formation. Nous travaillons tous les jours, pour réfléchir et faire progresser le centre de formation. On sait qui on est. Nous avons une approche très humble, mais nous voulons quand même être ambitieux. Étape par étape, nous essayons de structurer, avec notre vision, le centre de formation de la JAV.
Je dirais que je vois une évolution. C’est ma première année en tant que responsable du centre de formation, mais nous arrivons à attirer des joueurs que nous choisissons. Nous avons beaucoup d’appels d’agents, ce qui n’existait pas avant. Il y a une certaine confiance qui découle aussi des pros dans le monde du basket. Je pense qu’il y a une confiance et une image qui est bonne de la part des agents et des joueurs, qui ont aussi envie de travailler pour la JAV, de jouer et de représenter les couleurs de la Jeanne d’Arc de Vichy. C’est très positif. Il y a une énergie ascendante, je dirais. C’est beaucoup de travail et de don de soi au quotidien, mais voir un process collectif qui progresse, c’est très plaisant.
Voilà, je pense qu’on a fait le tour de la saison. Et, pour l’instant, comme d’habitude, c’est le calme avant la tempête. Mais je suis très heureux, la saison a été fatigante. J’espère que la saison prochaine va nous emmener encore un peu plus haut. En espérant que la JAV va continuer à progresser au niveau sportif et structurel. Et qu’on va avoir de nouveau de bons joueurs au centre de formation, pour essayer d’atteindre l’objectif de faire sortir des joueurs professionnels. Donc voilà, merci encore et on se revoit très vite. »
Désormais, les regards sont tournés vers la saison prochaine ?
« Les regards sont tournés vers la saison prochaine. Nous sommes en plein recrutement, que ce soit en U18. On a terminé le recrutement et le recrutement Espoirs suit son cours. Avec beaucoup de demandes et beaucoup de recherches de notre part. Bien sûr, on reçoit beaucoup de profils qu’on épluche. On a déjà fait beaucoup d’entraînements où on a accueilli des Espoirs. Bien sûr, il y a tout ce process entre agents, dirigeants et coachs pour construire un effectif, tout en laissant la place aux U18 et construire un effectif qui soit stable humainement et sportivement. Bien sûr, avec l’arrivée d’Elise Prodhomme, il y a une vraie communication par rapport au centre de formation. C’est une coach qui est très axée sur la formation aussi, donc c’est un plaisir d’échanger avec elle. Et mon devoir aussi et mon rôle, c’est de trouver des joueurs Espoirs qui puissent s’entraîner avec le groupe professionnel, au moins deux ou trois joueurs.
En dernier lieu, j’aimerais remercier les dirigeants, remercier les partenaires bien sûr, le lycée Albert Londres, les établissements comme le CREPS et le FJT victoria. Un grand merci à tous les bénévoles pour les déplacements, l’organisation des matchs, ou dans le soutien inconditionnel durant les moments difficiles.
Point important pour moi : remercier aussi les familles des joueurs qui font beaucoup d’effort et les joueurs avec qui on a travaillé très dur au quotidien, pendant les entraînements et pendant les matchs. J’espère qu’ils tirent beaucoup de positif de l’aventure humaine et que cela va les aider à devenir des hommes plus matures. J’espère qu’ils garderont un souvenir de sincérité et d’authenticité durant leur passage à la JAV.«






